Bali

30 juillet 2010

Dans les vidéo de surf, Bali c’est des falaises ou des palmiers, des plages, des vagues parfaites, du soleil. Bon, y’a des plages, mais avec des vendeurs de sarangs casse couilles, des gros australiens, du Mc do (où je suis le premier à me ruer), des magasins de sape de surf plus gros que chez moi, en gros Kuta c’est Anglet (mais on mange mieux à Anglet !). Mais Kuta c’est pas Bali (enfin un peu). J’achète une planche, bon prix pour la France, un peu arnaqué pour ici, ce n’est pas grave, et j’attends l’arrivée de mes amis. C’est le seul endroit où je ne voyage pas seul. Je ne peux donc pas écrire n’importe quoi. Personnellement les balinais me sortent un peu par les trous de nez, je commence à être depuis trop longtemps en Asie pour aimer leurs sourires commerciaux, l’ile est ultra chère, on est sur des bases comparables au bas prix européen… heureusement mes amis arrivent, on boit de la Bintang, il pleut, on part pour les iles Gili avec un slow boat, le fast boat fait le trajet en une heure, le slow en 12 heures, mais bien plus typique… de nouveau un bateau pour Kuta Lombok, il pleut, on boit des Bintang, on rit beaucoup, et puis retour à Bali, où si je me souviens il replut, direction Ubud pour un temple sympa, des danses traditionnelles…bla bla bla, heureusement qu’ils sont là, ça commence à être redondant après 4 mois d’Asie les faces de bouddha et de Vishnu, on tombe sur un balinais adorable, on boit du café, puis retour au sud de l’ile pour Padang Padang, où je finis mon séjour actuellement. Mes amis partent et me laisse seul avec ma planche et des vagues excellentes, ça pourrait être pire.
Je suis entouré de brésiliens, qui ne me demande qu’une chose compte tenu du coloris de mon épiderme « Brasilian ? –No, french », ça s’arrête là, le brésilien tient du français, il ne parle pas l’anglais et ne voyage qu’entre compatriote, je crois même que les français ne sont pas autant ostracisants…enfin j’ai une case en bambou, idéale pour se reposer sauf qu’ils agrandissent l’hôtel, et c’est au son de la bétonneuse que j’écris ces lignes. Il y a assez peu à dire, je vis dans l’eau, sinon je lis, je suis fatigué de bouger, c’est un lieu de surfer, et ce sont en grande majorité des gens inintéressants, et puis l’ile est chère. Je me suis fais arrêté deux fois par la police en scooter, qui se sert des occidentaux pour arrondir leurs fins de mois. Un feu rouge, dix balinais passent, je m’arrête un mètre après la ligne avant le feu, le flic m’arrête. Mes talents d’orateur finiront par le convaincre de l’injustice absolue qu’il me fait subir, le traitant de raciste au passage, enfin le pauvre me regarde vociférer avec des yeux apeurés, j’ai eu beaucoup de chance sur ce coup là…
Mais c’est assez typique de l’attitude des asiatiques à l’égard des étrangers qui ne voient en nous que des gros paquets de dollars, ne nous sourient que parce que nous sommes potentiellement un bifton, et n’ont aujourd’hui plus rien de l’image que peut nous vendre les pubs pour le riz, vous savez la fumée d’un bon basmati et une fille qui se met du jus d’airelle sur les lèvres et finis par vous tatouer un taureau ailé sur le dos à l’encre de chine. Tous ces pays, et je ne suis pas inconscient de la responsabilité première, ont perdu énormément de leur authenticité, c’est affreusement frappant à Bali, on est ici, on pourrait être dans le sud de l’Espagne, sur les iles canaries, quelque part aux caraïbes, les mêmes resorts, le même sourire, la même oppression, la même bouffe… mais le surf est bon et ça fait oublier pas mal de choses… et même si je ne suis pas fan des balinais je ne peux vraiment les blâmer, l’école est payante dès la maternelle, la plupart n’y vont pas, l’ile est surpeuplée de touristes bêtes et méchants (ceux qui critiquent la bêtise américaine feraient bien de regarder les australiens, ils battent des records), elle subit une invasion des autres iles non touristiques, de l’argent javanais… enfin l’envers du décor n’est pas reluisant, l’Indonésie doit être l’un des pays les plus corrompus au monde, car à tout point de vue, les richesse sont abondantes… enfin, c’est l’Asie. On veut nous vendre de la spiritualité facile, des temples, des sourires, des gens petits, mais en réalité ils sont rongés soit par la pauvreté soit par l’ignorance pour ceux qui ont de l’argent… même si les français sont pas forcément meilleurs, ils le cachent mieux.
Et moi maintenant tout ça m’emmerde, alors je rentre en France. Enfin seulement cinq jours…

Inde

8 juin 2010

J’arrivai chez nouvellement Mr et Mme K, Grace leur soit rendu, à Chennai, où je pus me défaire de mes bagages, comprendre en quelques conseils comment survivre en Inde et enfin partir avec un sac à dos d’écolier à l’assaut de l’Himalaya quelques 3000 km plus au nord. J’avais été bercé de récits de voyageur sur l’Inde m’indiquant que les plus grand malheurs allaient m’arriver, incubant un cancer diarrhéique à chaque bouchée de pain. Défaites-vous de tous ces a priori, l’Inde c’est un peu dégueu mais pas tellement plus que le reste de l’Asie, la bouffe a le mérite d’être variée et j’ai bien moins souffert là bas (voir pas du tout) que la plupart du temps dans le quatorzième arrondissement de Paris. L’unique conseil est d’éviter la viande rouge et assimilé, pour le reste soit Dieu est avec vous, soit vous périrez ronger par une infection bactériologique tropicale incurable. Quand on voyage on lance des dés, heureusement pour moi les miens sont souvent des coups gagnants.
Pour être honnête, peu avant mon départ, je dégustais un pot de pâté avec mon bon ami monsieur H, et la propriétaire de son appartement entra. Elle revenait justement du sous continent, apparemment assez choquée par ce qu’elle avait vu, la misère, les enfants pieds nus…le bla bla habituel de bobo en choc post traumatique après confrontation à une réalité sans magasin de cachemire, et qui se rendent compte que la coolitude c’est bien mais dans son magazine de décoration d’intérieur. Je m’attendais donc un peu à être choqué, et je ne le fus pas. Les indiens sont des humains, avec des réactions un peu infantiles ou légèrement débiles, ou tellement éloignées de nos réflexes intellectuels que l’on peut être déconcerté. Le pays cache de belles choses, certaines hideuses, ils sont un milliard deux cents millions, c’est une anarchie qui marche bien voilà tout. Y’a des connards et des gens adorables comme partout. Propos introductif à tous ceux qui auraient un a priori à partir là bas : partez… et n’écoutez pas la paranoïa ambiante sur le sous continent.

Je pris le train couchette, 36 heures entre Chennai et Delhi, confortable, il roule lentement donc on peut ouvrir les portes pendant le trajet, y’a aucun occidental, je copine avec un couple de jeunes indiens très sympathiques qui s’enfument durant tout le trajet, je vis dans mon cocon, tout va assez vite. Arrivée à Delhi, New Delhi c’est le South Kensington tropical, Old Delhi c’est le Pakistan, pas vraiment de juste milieu, y’a des gens partout, des barbus essentiellement, un métro, des vendeurs de slips dans la rue (on sait jamais, mon frère est parti une fois à l’école sans), des fils électriques, des mosquées, il fait chaud, le métro est de bonne facture, je fais le tour des monuments, légèrement décevants compte tenu de la taille du pays, je vais au susdit meilleur sheek kebab d’inde, je n’y récolte qu’un passage éclair au toilette du métro. Pas de nuit à Delhi, retour dans le train couchette, sommeil rapide, arrivée dans un coin pourri paumé, Pathānkot, lieu de transit pour Darhamsallah village refuge de la communauté tibétaine en exil. Quelques heures dans le bus, ne soyez surtout pas pressé, arrivé à McLeod Ganj, qui se trouve être la partie tibétaine de la ville perché à 2000 mètres dans les contreforts himalayens. Je partage ma chambre avec deux canadiennes et pratique le yoga tantrique… non deux filles adorables qui m’ont sauvé de l’ennui de la masturbation générale qu’est cette ville, jolie, peuplé de ses moines qui écoutent des ipods en conduisant des gros 4×4, pas très 7 ans au Tibet, entouré de tous les sbabs du monde entier qui viennent admirer leur spiritualité dans ce supermarché du divin. Yoga, Reiki, Rebirth, Vipasaanna… on a tout ce que vous voulez, admirez votre ouverture au monde. D’ailleurs, en parlant avec les jeunes gens de mon âge on se rend compte de l’ignorance qui semble gouverner notre monde, la plupart sont plein de compassion pour les tibétains car c’est la première fois qu’ils entendent parler de leur histoire… à quoi sert donc que Richard Gere conduisent des Lancia jusqu’à Lhassa ? C’est un endroit où on peut toutefois se perdre des mois à ne rien faire, car les fallafels y sont délicieux et le climat simplement parfait (pour l’Inde).

Je prends donc un 4×4 de nuit pour le Cachemire, 12 heures de route, avec deux conducteurs, l’un probablement ivre, l’autre rongé par le sommeil, route de montagne, dépassement en virage aveugle, safety first. Je remercie le seigneur de m’avoir amené à bon port sain et sauf. Je suis à la capitale du Cachemire, Srinagar, autrefois c’était un peu la Kaboul de la région, attentat tous les vendredis, aujourd’hui des panneaux publicitaires gouvernementaux nous assurent que c’est le paradis sur terre. Entouré par les plus grandes montagnes du monde, j’ai vu le K2 en face de moi, certainement l’une des plus belle chose que je pus admirer dans ma vie, la ville est organisé autour d’un lac immense, où sont amarrés des bateaux hôtels. J’en prends un, j’y suis seul avec mes « domestiques » (c’est vraiment le sentiment qu’on y a), on remplit ma baignoire d’eau chaude, on me cuisine mes plats, lisez au même moment un peu de Balzac et le voyage dans le temps est complet. J’avais d’ailleurs acheté de l’agneau hallal au marché, délicieusement cuisiné, qui me vaudra de manger uniquement des noix de cajous pour trois jours, c’était la dernière fois que je mangeai de la viande. Ville envoutante, romantique, triste, lugubre, je ne sais trop, j’achète quelques laines fameuses de la région, reprend un 4×4 en direction du Ladakh plus au nord.

Nous sommes 7 dans la voiture, je suis à l’arrière avec un suédois et un américain, et les bagages, espace vital de 50 centimètre carré, 17 heures de voyage au sein de l’Himalaya, pluie, froid, neige, route à flanc de ravin, poids lourds bloqués, conducteur excellent. On monte à 4000 mètres, heureusement j’aime les noix de cajous, check point ultra fréquent où seuls les occidentaux montrent les passeport (ça tend au ridicule) mais les militaires indiens sont souvent adorables, vous offrent du Chai (thé, lait, plus certainement autre chose), ils voient pas souvent grand monde, ces mecs vivent dans la plus haute montagne du monde et sont originaires des plaines tropicales indiennes… arrivée à 2 h du matin à Leh, capitale du Ladakh. 7 heures de retard. 3500 m d’altitude, on souffre gentiment du mal des montagnes. Y’en a pour deux jours, ça permet d’expérimenter la vie après 70 ans à 24 ans. La science a intérêt à faire des progrès. Paysage époustouflant, rareté des touristes, j’ai emprunté l’unique route possible, tibétains, ladhakis, indiens, ça commence à sentir le voyage, c’est le moment de remanger des pates bolognaises. On part encore plus haut, vers le lac Pangong, à plus de 5000 mètres, qui fait office de frontière avec le Tibet, euh pardon la Chine… le reste ne se raconte pas vraiment, l’impression de gigantisme de la nature vous submerge, et l’altitude vous met dans un demi état d’hébétude qui rend tout agréable… puis il faut redescendre, je prends un avion, la route étant fermée, c’est le plus beau trajet aérien qui m’ait été donné d’effectuer, visions de paradis… retour à Delhi, attente, train, retard de 12 heures, faux billets vendus, plus un radis, les indiens me nourrissent, je finis par arrivée après 5 jours de voyage chez Mr K, absolument heureux, car ce que j’ai vu, est exceptionnel, parce que l’Inde est difficile, détestable, magique, enivrante. Résultat, en 3 semaines de voyage chez Vishnu, j’ai bu deux bières, mangé deux fois de la viande, j’ai une barbe, aucun muscle, mais je reviendrai, pas comme en Thaïlande.

Nous partons pour le week-end à Pondichéry, notre ancienne colonie, j’y mange une entrecôte dégueulasse qui me semble fabuleuse sur le coup, à Paris je lui vomis dans l’assiette, un verre vin rouge chaud infâme qui me semble fort en bouche et fruité, enfin je suis en famille avec monsieur K, je suis content, on part à une fête dans une villa de 6 chambres qu’occupe un expat’ seul, retour dans le monde réel, trois jours avant j’étais sur le toit du monde…
Et d’un coup j’ai comme une grosse envie de surfer, alors allons à Bali.

Souvenirs thailandais

8 juin 2010

Je ne vous mentirai pas, mais je suis pas sur qu’on puisse parler de souvenir d’un pays quand on a l’a traversé dans un état d’ébriété quasi permanent (mais involontaire). Je suivais pourtant un rythme de vie plutôt sain avant d’arriver, mais malheureusement la jeunesse du monde entier vient joyeusement s’enivrer au milieu de la demie révolution qui se déroulait à Bangkok, du moins quand j’y étais. La veille de mon arrivée, une bombe fit une dizaine de mort dont un journaliste japonais, les voitures brulées gisaient encore dans la rue de mon hôtel, qui est aussi la rue de tous les hôtels (khao san road), les pares brises criblés de balles témoignaient de la chaleur de la fraternité thaïlandaise. Cependant ne craignez rien ! Ca n’a pas empêché la fête de se dérouler, c’était les festivités du jour de l’an, où les thaïlandais pour remercier le seigneur de ses bienfaits et de l’abondance de l’eau dans leur pays, décident de s’arroser pendant 4 jours (voir plus selon votre position géographique), durant cet événement appelé Songkran. Traduction occidentale : on achète des fusils à eau, des sots d’alcool (littéralement) et on s’arrose jusqu’à vomir (surtout les britanniques). C’est totalement jouissif, ne boudons pas notre plaisir, des stands vous vendent d’ailleurs des bonbonnes d’eau glacée pour refroidir les ardeurs de vos poursuivants, surtout des britanniques. Et puis conséquemment, la ville se transforme dans un concours de t-shirt mouillé universel… et pourtant en même temps, à 200 mètres et n’y voyez aucune exagération, des despotes s’affrontent dans leur conquête du pouvoir à grand coup de corruption, ensanglantant les idiots ou les malheureux qui y croient (et qui ont souvent besoin de cet argent pour nourrir leurs familles). Enfin, c’est leur problème, les thaïlandais sont les enfants gâtés de la région, je n’ai aucune sensibilité à leur égard, surtout compte tenu de leur accueil peu en rapport avec la température des lieux (particulièrement à Bangkok pour ne pas être trop injuste). La dent ne se montre que par et pour le billet. Cela a du certainement expliquer mon irrésistible envie de brouiller ma perception des choses à grand coup de Songsam (vous connaitrez si vous venez). La ville étant légèrement bouchée je ne l’ai pas vraiment visitée, c’est une grande ville mélange entre Hong Kong et Saigon, sans aucun charme, alors cassons nous pour les iles.

Arrivée, après les quelques dizaine d’heures habituelles de bus et bateau, à Koh Samui qu’on m ‘avait fortement déconseillé. C’est très joli, légèrement américanisé, je n’ai eu aucun état d’âme à m’enfiler quelques Burger King et Mc Donald, tout comme de nombreux français s’enfilent des autochtones. Chacun son pêché mignon, moi je reste à l’hamburger, même si les pets de vaches dus à la surconsommation de bœuf est responsable de 25% des gaz à effet de serre, donc d’un point de vue purement scientifique je suis plus mauvais que nos consommateurs de viande humaine. Les plages et l’intérieur de l’ile sont très beaux, alors n’hésitez pas. Vous pourrez d’ailleurs boire un verre de Songsam avec le plus jeune député du Sri Lanka, à quatre heure du matin, les pieds dans l’eau, éclairés par la lune, seulement si vous êtes un peu chanceux…un type sympa d’ailleurs.
Il s’ensuit quelques jours à Koh Pan Gan, y’a pas grand chose à dire, tout est beau, je ne vous ferais pas une description des palmiers, mais une bonne anecdote quand même pour illustrer le fossé culturel entre les bouddhistes et les judéo chrétiens. Accompagné de deux camarades, nous faisons du scooter dans des chemins adaptés à une motocross, frôlant la cascade une centaine de fois, nous arrivons à une plage déserte, magnifique, avec quelques cahutes perchées sur les collines. La route étant assez longue, l’un de mes camarades à un besoin de gasoil. Miracle, juste au dessus de nous un panneau indique le précieux breuvage, nous hélons le propriétaire de l’échoppe afin qu’il désaltère nos montures. Sa femme, sort la première, pour nous indiquer l’impossibilité de notre requête dans le présent moment, et la nécessité de notre départ le plus prompt, ne comprenant pas clairement les invectives de la mégère nous insistons, et là sort le bon tavernier. Dans un anglais parfait (get away !), il nous confirme la décision en première instance, et nous fait comprendre qu’il n’y aura pas de cassation en nous envoyant quelques pierres (assez grosses pour t’envoyer à l’hôpital quelques semaines). Face à la lenteur de notre réaction, le brave homme pour appuyer la force de sa décision, rentre dans son logis afin d’attraper un dictionnaire universel, autrement appelé fusil et commence à tirer dans notre direction. Un garçon charmant en somme…

Je finis ma route thaïlandaise dans l’ile de Ko Tao, où je devais rester deux jours, mais y passa huit, ile réputée pour sa plongée et ses récifs, que je n’ai pas vu. Je rejoignis mon ami israélite qui me fit visiter les points culturels réputés et m’expliqua les eusses et coutumes du terroir. A son départ, je finis rapidement par m’imposer comme une figure locale, régnant en maitre sur le hamac sous l’arbre (y’en a pas dix ne vous inquiétez pas), et par une consommation non recommandable de boisson à teneur alcoolique, ne me permettant de prendre le bateau le matin. Mon visa était expiré depuis deux jours, je me décidai finalement à partir pour ne point finir dans une prison thaïlandaise, avec ces gens si gentils. Direction Kuala Lumpur pour prendre mon avion pour Chennai (Madras) en Inde.

Eclair cambodgien

21 mai 2010

Si vous remontez le Mékong pendant une petite dizaine d’heures sous une chaleur accablante, réchauffé par le ronron régulier d’un moteur à réaction des années passées, entouré de ce que le monde occidental a fait de plus disparate, vous arriverez dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh. Le long du Mékong des enfants nus se baignent, des vaches maigres, des gens heureux en somme, vous saluent, on finit rapidement par adopter une posture proche de la reine d’Angleterre caressant l’air de la paume. Un anglais boit bière sur bière, deux lesbiennes américaines s’enlacent inlassablement entremêlant les poils longs de leurs aisselles, des suisses sourient bêtement. Les suisse, les vaches, les herbes hautes, y’a du avoir une fusion à un moment. Sociologiquement dix heures de bateaux à 40°, c’est instructif. Après avoir perdu l’intégralité de l’eau de votre corps ; on a pas besoin d’urinoirs là bas, vous arrivez donc dans une capitale, une de plus, des grattes ciels semblent se construire au milieu des anciens bâtiments coloniaux rongés par le bordel asiatique, la saleté, les gens, des animaux tournent sur des broches au milieux des gaz d’échappement et de la sueur permanente. Des enfants vous vendent des livres à une heure du matin. Moto, moto, boum boum, marijuana, vous accompagnent le long de vos promenades, j’ai bien suivi mes cours d’économie, s’il y a une offre c’est qu’il y a forcément une demande…on se contentera de nos habitudes de beatniks avec quelques bières locales.

Le Cambodge est dans le top vingt des pays les plus pauvres, c’est le pays avec le plus d’ONG présentes. Un petit rappel historique est important, je suis parti visiter S-21 qui était le camp de torture du régime khmer rouge. Ces derniers entre 1972 et 1979 ont tué 2 000 000 de personnes (un tiers de la population du pays), l’ensemble des intellectuels cambodgiens y sont passé – l’un de leur critère était le fait de porter des lunettes…quoiqu’il en soit, en deux heures dans cet endroit je n’avais qu’une seule envie, quitter ce pays. Les khmers rouges n’avait aucun objectif à part le néant, j’ai eu pour la première fois cette impression d’être au sein du mal absolu, pris de vertige à regarder ces gens, car la plupart des tortionnaires vivent tranquillement dans le pays, surtout dans les campagnes. Atteint d’une certaine paranoïa je quittai la capitale, les gens sourient tous, ça cache forcément quelque chose. Direction les temples d’Angkor.

C’est un pays totalement différent qui m’est apparu, les temples sont fantastiques, mais comme toujours je pensais arriver seul, au milieu de la jungle, et c’est une foule bigarrée de japonais, anglais, français, portant sur eux toute la graisse de notre monde, qui s’agglutinent bêtement pour prendre la pose. Angkor Wat, le temple le plus connu dispose d’une rangée de 200 chaises astucieusement organisées pour faire la photo du lever du soleil sur le temple, et en rang d’oignon les gens la prennent, la plupart ne font même pas l’effort de rentrer dans le temple, alors que c’est là que se situe la magie. Pour une illustration plus détaillée de la magie, bougez votre gros c** de votre chaise et prenez un billet d’avion, pas de voyage sans diarrhée. Pardonnez-moi. Je trouve ma prose trop gentillette, alors m’étant fait ami avec mon touc touc, ce dernier m’invita à aller déguster dans le fin fond de la campagne cambodgienne un délicieux mélange d’une bière brune astucieusement appelée Black Panther, et de vin de palme. Cocktail sublime, mariage égal à la glace à a vanille et une entrecôte bordelaise… enfin passons, la politesse veut qu’on ne refuse pas de trinquer 90 fois (Chumoï en cambodgien) ce délicieux breuvage, ni de manger un plant gargantuesque de nouilles avec des boulettes de viandes douteuses, et la c’est la vraie magie qui s’installe, la paix entre les peuples, non sérieusement je me suis rarement autant amusé et pourtant sur les 10 invités un seul parlait anglais et souvent approximatif. Je fus assez joyeux pour ne pas me poser de question à l’idée de dormir par terre, sur une natte quand même, au milieu de la campagne d’un pays tropical. Cette scène de « j’irai dormir chez vous » ne m’aura couté que quelques dizaines piqures de moustiques et araignées, ainsi qu’un « souvenir impérissable » comme disait Bouga (belsunce breakdown, incultes).

Je partai donc rapidement de ce pays, mais le cœur enrichi, car les durées ne changent rien au sentiments. Et malgré mon impression initiale, les cambodgiens sont le peuple le plus doux du continent.
En post scriptum, je tiens à noter quand même l’extrême gentillesse de ces gens que j’ai rencontré, et sentiment qui fut augmenté par les amabilités inverses que me servirent les voisins thaïlandais, comme nous le verrons dans un grand (II).

Chapitre 2: de Hanoi à Saigon

6 avril 2010

Assez peu de choses à dire sur Hong Kong, c’était mon port d’entrée pour l’Asie, j’ai surtout profité d’une chambre d’hôtel confort pour digérer le décalage horaire. On se refait pas. Petit massage des pieds thaïlandais par contre, l’endroit était un genre d’appartement avec une déco surabondante, de magnifiques posters de temples thaïs et des canapés. Là une jeune fille m’a nettoyé les pieds, je n’étais entouré que d’anglais ; un petit gout d’empire. Au lieu de la jeune fille c’est un garçon de 14 ans qui est réapparu pour me masser. Inspecteur du travail ce n’est pas le job qui fait rêver les hongkongais. Wan Chai, la rue de mon hôtel était d’ailleurs une rue de bars surtout à hôtesses et j’ai croisé des sifflets venant de filles bien trop jeunes, mais passons je pense que ce n’est qu’un petit avant gout de pays comme la Thaïlande. Le 12 mars, je suis donc parti de cette ville semblable aux nôtres, pour la véritable Asie.
Vol sans entrave. L’aéroport de Hong Kong est ultra moderne, celui de Hanoi n’a pas à rougir d’une comparaison avec celui de N’Djamena. Deux pistes, mon avion, et un avion Air France amenant un cargo de touristes essentiellement marseillais, les femmes portent des bandeaux dans les cheveux et les hommes des polos, comme tout bon touriste français qui se respecte. On a passé deux heures avec les officiers des visas totalement débordés par la France, et son obsession de rétablir la justice dès lors que quelqu’un dépasse malencontreusement son tour dans la queue. Atelier découpage/ collage de photos. Je prends le premier taxi qui passe, bien sur il m’arnaque, c’était écrit dans le guide, d’habitude c’est pas mon job de lire le guide. Il m’amène à un autre hôtel que le mien, je finis par m’échapper, à me demander ce que je fous dans ce pays, rues étroites, bondés de scooters, qui n’ont qu’une seule règle, ne jamais s’arrêter. Il fait nuit, je hèle un pousse-pousse, j’ai un sourire béat tant la situation, le lieu, le moyen de transport font penser au Lotus Bleu. Le pousse-pousse m’arnaque. Le dong vietnamien est une monnaie de singe, un euro fait 25 000 dongs, il est donc très difficile au début de savoir ce qu’on dépense. J’arrive finalement à mon hôtel, chambre agréable, un cafard dans la baignoire. Rien d’inattendu. J’ai quand même un peu ce sentiment désagréable d’être d’une grande naïveté dans un pays obsédé par l’argent.
Levé depuis 6 heures du matin à cause d’un mauvais rêve, heure hongkongaise, je pouvais finalement allumer la télévision à 20 heures, heure d’Hanoï ; si j’avais eu TV5 j’eus même pu voir David Pujadas et effacer toute idée de voyage.
21 heures, Mr A. (respect de la vie privée), que je devais rejoindre, m’attend dans le lobby. Première excursion en scooter dans la ville, conduite bouddhiste. Comprenez, la vie est un cercle, il ne faut jamais s’arrêter. Petit restaurant français, architecture française, juristes français… ensuite des bars, puis une boite sur le fleuve avec la vue la plus remarquable qui m’ait été donné de voir dans un night-club, ambiance légèrement post communiste, pas de casque, alcool dans le sang, pas un gramme d’inquiétude. Grace à Mr A. j’entrevoie dans la même journée, le coté légèrement rebutant du Vietnam et son coté absolument jouissif. Aucune photo n’a été prise, donc croyez-moi seulement sur parole, la liberté c’est le communisme, de plus Hanoï a la nuit un charme incroyable, d’un romantisme prenant. Quand le colonialisme pourrit, le français est inspiré.

Mais ceci n’est pas un quotidien, donc je ne peindrais que l’impression que j’ai du Vietnam que je quitte demain après bientôt un mois, à déambuler dans les restaurants de rue, les bières Tiger, les « moto,moto » (passer une heure à Hanoï vous comprendrez), une gastro, des centaines de rencontres, des dizaines de nationalités… des plages, des montagnes, une baie d’Ha Long, deux capitales, des pagodes, des villes plus ou moins belles. Ce pays reste une énigme, il change trop vite, peut-être qu’en partant je l’inscris déjà en souvenir, vous ne verrez certainement pas ce que j’ai vu. Ce pays ne coute aucun argent, j’ai mangé et bu tous les jours comme un samedi, loué des scooters, fait du bateau, de la marche, rencontré des populations tribales (mercantiles), un parc d’attraction, des hôtels avec piscine, des hôtels sans rien. Et j’ai toujours autant d’argent qu’en arrivant. Et beaucoup plus d’amis. Le Vietnam c’est une atmosphère paisible due au chaos ambiant, et dès lors qu’on arrive à lâcher prise sur son excitation occidentale, tout devient facile, les gens sont agréables et la nourriture de qualité. Une foule incalculable de jeunes européens ont eu la même idée que moi de quitter la grisaille pour les charmes de l’Asie, et la route ne se fait jamais seul. Ma route a étrangement été surtout israélienne, après des années à être soupçonné d’être juif, même à l’intérieur de sa famille, c’était inéluctable.
Enfin, il m’est impossible de retranscrire quoi que soit, je suis arrivé stressé et anxieux, je pars heureux, et confiant (et il n’y a pas de drogue ici). On écrit toujours moins bien quand tout va bien.
Demain, le royaume Khmer.

Vous trouverez ici quelques photos illustrant le propos.

http://www.flickr.com/photos/48312067@N06/

Photos Hong Kong

11 mars 2010

Ceci est le lien est flickr qui vous permet de voir les photos dans une taille raisonnable.

http://www.flickr.com/photos/48312067@N06/?saved=1

Ainsi qu’une petite vidéo que j’ai faite en allant à Kowloon

Chapitre 1: Hong Kong

10 mars 2010

LA/ TAIPEI/ HK.

22 heures de voyages. Un hong kongais qui te donne des coups de coudes tout le trajet. Riz gluand et cornichons sucrés au petit déjeuner. Aéroport de Taipei 6h30 du matin, aéroport le plus propre du monde, unique occidental, internet gratuit, dehors il pleut, c’est vert, c’est tout ce que je peux dire. China Airlines sont agréables.
Arrivée sur Hong Kong, le 9 mars. Je suis parti un dimanche, c’est un mardi, j’ai 9 heures de décalage dans la gueule, je suis à l’est. Par l’effet de la montre international je n’ai jamais connu le lundi 8 mars. Il pleut, il fait froid, le metro pour aller en ville est très propre, dehors des buildings, hauts. Et de l’eau, un vague air de pays basque, des montagnes et du verts, y’a toujours un vague air de pays basque partout où je vais.

Le metro hong kongais c’est pas compliqué y’a qu’une ligne qui fait toute la ville, et la meuf du haut parleur c’est la meme qu’à Londres. Hong Kong en tant que cité c’est plusieurs îles, dont la principale est Hong Kong, reliée par pont à Kowloon, et elle-même reliée à l’ile de l’aéroport. Mon hotel, le Wharney Guang Dong, est situé à l’arrêt Wan Chai, si vous voulez me rendre visite dans les deux jours à venir. Ce quartier est le centre des massages de pieds et des vendeurs de carrelage. Selon les guides, c’est le coeur de la nightlife hong kongaise mais je me suis endormi à 17 heures hier.

Réveil à 4 heures du matin, petit déjeuner à 7 heures, j’ai regardé fox news en attendant, Glenn Beck impressionant. Je faisais un peu de nostalgie américaine. J’ai eu droit à 5 croissants, revendiquant avec fierté mon appartenance nationale. Les chinois n’aiment pas ça, eux ils préfèrent bouffer du riz gluant, des oeufs et des pates de canards frits le matin. Je me sens pas encore assez déconnecté du monde pour prendre des hommes d’affaires chinois au petit déjeuner pour montrer ce qu’ils baffrent. Mais c’est le choc des civilisations. Déambulation ensuite pendant 6 heures, dans une ville impressionante, pas désagréable, ultra polluée, vos narines vous picotent en permanence, on se surprend à vouloir porter un masque. Je cherchais un burger king, j’ai fini à 14h après bien 5 heures de marche à attérir dans un restaurant vietnamien d’une ruelle, affamé, à commander une salade de nem. Mauvaise idée. Je finis dans un centre commercial, pourquoi? Notamment, pour acheter un magnifique appareil photo. Auto-cadeau d’anniversaire.

A partir de ce moment ce blog sera illustré.

Génèse

10 mars 2010

 » Où vais-je? Où peut-on souhaiter d’aller en hiver? Je vais au-devant du printemps, je vais au-devant du soleil …. il flamboie à mes yeux dans les brumes colorées de l’Orient (Le voyage en orient, Nerval)

N’est pas Nerval qui veut, moi y compris, pourtant cent cinquante ans auparavant il a eu la meme idée que moi, fuir notre hiver, Paris, le gris, pour les chaleurs de l’Orient. Le mien sera extrême, et au lieu de m’arrêter à Vienne c’est à Los Angeles que se situe la première partie de mon voyage. A l’instar de mon inspirateur, ce voyage commence par une déconvenue que je ne traiterai évidemment pas ici, ainsi que certains plaisirs qui auront droit au même régime d’abstention.

Plus prosaïquement, n’ayant acheté mon appareil photo qu’aujourd’hui, ce carnet de voyage virtuel commencera avec lui, puisque vous êtes incapables de vous intéresser à des textes trop longs, et surtout sans images. Ledit appareil photo peut d’ailleurs faire l’objet d’un cadeau d’anniversaire à rebours pour ceux que ça intéresse, car je finirais bien par rentrer en France, et d’ici là je ne me serais certainement pas défait de mon amicale cupidité.

Nous sommes donc le mercredi 10 mars, il est 17:00 à Hong Kong, je suis parti de Paris le 20 février. J’ai passé du 20 février au 9 mars à Los Angeles où mes cousins m’ont gracieusement hébergé, nourri, consolé, promené et fêté. Qu’ils en soient remerciés une fois encore! Puisque j’en suis aux remerciements préliminaires, je remercie mon père et ma mère qui finance en parti ce voyage de petit bourgeois comme l’a dénommé mon cher géniteur, mon frère qui a eu la géniale idée de faire quelque chose de sa vie et d’être stewart chez Air France, la famille Khelil Charef qui m’a fait économiser l’argent nécessaire le moment venu, mes grands parents, et tout ceux qui ont contribué de près ou de loin à cette aventure (je prends en compte l’enrichissement affectif…).

Je suis parti sans trop savoir où j’allais. J’espère que vous prendrais plaisir à suivre ma fuite.

Votre dévoué

Simon